dimanche 10 juin 2018

Je serai en dédicace à Versilhac 43200 le 30 juin 2018 de 14h à 19h




                                                           Una mattina mi son alzato                                                          
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son alzato
E ho trovato l'invasor
O partigiano portami via
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
O partigiano portami via
Che mi sento di morir
E se io muoio da partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir
E me seppellirai lassù in montagna
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E me seppellirai lassù in montagna 
Sotto l'ombra d'un bel fior
E le genti che passeranno
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E le genti che passeranno
Mi diranno « che bel fior »
E quest'è'l fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E quest'è'l fiore del partigiano
Morto per la libertà.

lundi 4 juin 2018

Je serai en dédicace au Salon du livre AMIPLUME le samedi 23 juin de 14h à 18h et le dimanche 24 juin de 10h à 18h, Le Puy-En-Velay 43000 Centre Pierre Cardinal.

dimanche 3 juin 2018






Notre première télé

 Le Puy 1959
Depuis quelques semaines, je cours quand j'ai le temps,
voir la télévision rue Saint-Jacques.
Dans la devanture du magasin Plantin électricien
 Il y a une télévision en noir et blanc qui me fascine.
Elle est allumée en permanence et tard dans la nuit.
Les badauds et les enfants s’y agglutinent devant toute la journée,
Le seul problème, c'est que l'on n'a pas le son.
Moi, ça ne me gêne pas, je fais travailler mon imagination.
Ce qui me dérange c'est le froid, on est en décembre et j'ai froid aux pieds.
Un soir après l’école, OH surprise, il y a une télévision à la maison,
Dans la salle à manger sur une table à roulettes.
C'est une télé un peu spéciale, et bizarre, elle a une sorte de tirelire sur le côté.
Il fallait mettre des pièces pour la faire marcher.
Le soir de Noël, notre premier Noël avec la télé, Maman avait déposé sur la table à roulettes,
Des piles et des piles de pièces de un franc
Pour nourrir cette tirelire gourmande, et qui pouvait s’arrêter à tout moment,
Si elle n'était pas garnie de ces précieuses rondelles de métal, 
Et chaque fois bien sûr c'était au milieu du film du soir.
C'est comme ça que maman a payé notre première télé,
Le progrès venait de rentrer dans la maison avec le crédit
Et bien des choses allaient changer dans la cuisine et la maison.
Maman travaillait, elle gagnait des SOUS.



Retrouvez cette nouvelle dans "Des Mots pour mes Maux et souvenirs"



Salon du livre de Sainte-Florine 43250, le samedi 2 juin 2018.

jeudi 10 mai 2018





             LE POTAGER DU PÈRE MARTİN



       Tous les jeudis matin Monsieur Martin vêtu de son tablier vert, son chapeau de paille enfoncé sur la tête et ses éternelles bottes de caoutchouc aux pieds, chargeait les produits de son potager dans sa vieille camionnette bâchée.
À peine arrivé sur la place du village, il était déjà attendu par les ménagères avec leurs cabas vides devant son emplacement. Sur son étal, de belles tomates, des haricots verts sans fil, des fraises rouges sucrées, des pommes de terres blondes et autres légumes s'y côtoyaient. Le clou du spectacle, était ces magnifiques bouquets de fleurs colorés, cultivés spécialement pour fleurir l'autel, disposés à la vue de tous.

      Monsieur le curé qui lui donnait le bon Dieu sans confession, lui demandait toujours son secret pour avoir, de si beaux bouquets et il répondait en riant, « C’est la main de dieu mon père, ma terre est bénie »

   En souriant il découvrait ses dents blanches éclatantes de santé et il rajoutait « Manger des bons légumes bien sains, c’est bon pour les os et les dents. »

    Il vivait seul à « La Brunette» dans la vieille maison des ses parents bâtie sur les hauteurs du village où il y était né. Elle était entourée d’un haut mur de pierres sèches, à l’abri du vent et des regards, accolée à la ruine de l’ancienne église désaffectée du hameau. Depuis l'année 1940, il s’occupait avec passion de son potager et de ses fleurs. Il aimait trop la nature pour avoir eu un jour envie de partir vivre en ville. Au cours des années, il avait doublé la surface de son potager, grâce à un bout de terrain qu’il avait au fond de sa propriété, juste derrière la vieille ruine de chapelle, en friche depuis des lustres.

    Les anciens du village disaient que dans le temps, c’était un jardin de curé. Il l’avait creusé, désherbé, pendant des mois pour qu’enfin, il fut un potager digne de ce nom. Dans une cave tout à côté, il préparait sa poudre de perlimpinpin, une recette secrète à lui pour ses plantations. 
Cela lui prenait du temps, d’abord il fallait trier la matière, la réduire en petits morceaux, il devait renouveler cette manipulation de nombreuses fois pour obtenir la taille 
voulue, pour enfin la mettre dans une broyeuse de son invention, d’où elle ressortait en une sorte de farine fine et blanche. Il ne pouvait partager son secret avec personne.
    Toute la journée, il sulfatait sa poudre miraculeuse dans son jardin, en passant par des allées qu’il avait créées entre les rangées de semis, Avec l’eau douce de son puits, il arrosait copieusement sa préparation pour qu’elle pénètre en profondeur dans la terre. En faisant cela tous les jours, du printemps à l’automne, il avait les plus résistants plants de la région. Il était devenu une référence dans le canton pour la qualité de sa production. Il faut dire que la besogne ne lui faisait pas peur. Ce nouveau terrain en jachère lui donnait beaucoup de peine, c’était un dur labeur, pas une partie de plaisir, pour avoir de tels produits, cela valait bien un sacrifice. Il dut arracher l’herbe, déterrer les grosses pierres enfouies dans la terre, extraire le bois mort et les lourdes ferrailles qui jonchaient le champ depuis des siècles. Donc, il n’était pas sans ouvrage.
    Dans ses caves voûtées juste à côté, il entreposait son engrais magique, il y était empilé du sol au plafond. Tout le long du mur d'enceinte de la propriété, en tas bien disposées, les pierres de taille étaient posées à même le sol et la ferraille en fer forgé y finissait de rouiller entassée là pêle-mêle en attendant le brocanteur. Toutes les semaines, il faisait un grand feu pour brûler les herbes sèches et le bois qu'il sortait constamment de la terre. Le feu éteint, il récupérait ses précieuses cendres enrichies de nitrates, pour les répandre dans son potager.
    À chaque labourage de sa parcelle, des débris remontaient à la surface, ce qui le mettait en liesse. Les journées, les saisons passaient, lui apportant toujours d’aussi abondantes récoltes. Bien sûr il ne pouvait révéler son secret à personne, sinon les portes du paradis lui seraient fermées à jamais. Son bout de terrain, n’avait jamais été un jardin de curé, mais un vieux cimetière oublié de tous, où depuis des années, il exhumait des squelettes, des cercueils de bois pourris qu’il rangeait en vrac dans la cave. Crânes, tibias, fémurs tout était bon à 
prendre,
«C’était Sa matière première sa fameuse poudre blanche»
    Une fois par semaine, il brûlait les bières et les mauvaises herbes. Les pierres tombales aux patronymes à moitié effacés par l’érosion ainsi que la ferraille des croix des sépulcres seraient vendues plus tard au poids chez le ferrailleur de la ville. Chaque semaine, il mettait à jour d’autres tombes pour son plus grand bonheur de jardinier. Régulièrement, il broyait les os, pour avoir de la mixture d’avance et ne pas en manquer. C’est sûr, il s’était fait un nom,
« Le jardinier à la main verte »
    Longtemps encore, ses clients auraient la primeur de sa récolte, de jolies fleurs sur leurs tables de fêtes nourries à la poussière de morts.
   L‘autel de l’église, sur lequel chaque jeudi il déposait ses compositions florales, pour se mettre en accord avec Dieu, n’en manquerait pas, tant que le seigneur lui prêterait vie. Qui l’espérait longue, car sur terre comme aux cieux, tout le monde profitait de ses bienfaits. Il faisait plaisir aux mortels et à Dieu alors, il aurait peut-être une place au paradis.
   « Et puis, Les voies du seigneur sont impénétrables »

Retrouvez cette nouvelle dans mon recueil "A L'ABRI DES REGARDS"




samedi 5 mai 2018

samedi 31 mars 2018




LA FİANCÉE DE PAUL                         
     

     Paul était un homme heureux. Bientôt, chez lui, il allait accueillir sa fiancée. Depuis six mois il préparait sa venue. Il savait tout d’elle et connaissait ses goûts par cœur.
   Son style, ses marques de vêtements, mensurations, produits de beauté, musique, lectures, rien de ce qu’elle aimait ne lui était inconnu.
   Il avait rendu le parc de sa propriété plus discret, en plantant tout le long de la clôture une haie touffue de feuillages persistants et denses à hauteur d’homme, protégeant des regards la piscine et le jardin toute l’année.
     Le studio au sous-sol était parfait pour une jeune femme raffinée et délicate. Dans la chambre trônait un lit à baldaquin agrémenté d'un rideau de dentelle blanche, alignés sur la coiffeuse ses produits de beauté et son parfum favori. Posés en évidence, sur un coussin rouge en forme de cœur, un écrin de velours laissait apparaître un collier et boucles d'oreilles en perles, cadeau de bienvenue et d' anniversaire de Paul.
    Dans le dressing, déjà sur cintres des vêtements de marques n’attendaient plus qu’elle. Le rangement à chaussures renfermait de beaux escarpins italiens et pour finir des sacs coordonnés. La petite lingerie en soie était là, sur les étagères, soutiens-gorge d’un côté et petites culottes de l’autre, classées par couleurs. Ses livres préférés et CD de musique, rangés dans la bibliothèque, au mur un écran plat avec des chaînes internationales.
     La salle de bain était spacieuse, une baignoire à remous, une douche italienne, sauna et une petite salle de sport avec écran vidéo. Il ne manquait plus qu’elle. Demain il irait la chercher et sa vie allait changer.
 Il avait des responsabilités, un emploi stable, gagnait très bien sa vie, à quarante ans révolus, il voulait enfin commencer sa vie d’homme rangé. Ses journées bien remplies, ne comblaient pas le vide de son existence. Apprécié et respecté dans sa société, jamais un mot plus haut que l’autre, ses collègues masculins du bureau, enviaient sa réussite et sa vie d’homme libre.
    Sauf que sous cette apparence désinvolte, il était complexé et perdait ses moyens devant les femmes. Savoir qu’elle serait bientôt à la maison, le rendait fou de joie. Il avait rencontré Marie, il y a huit mois et en était tombé aussitôt éperdument amoureux. Grande, mince, cheveux longs châtain, toujours vêtue à la dernière mode, intelligente, active et surtout en bonne santé.
    Souvent il la suivait quand elle faisait son jogging, du shopping, au musée, au restaurant et à ses cours de cuisine. Il voulait tout savoir d’elle, il l’aimait. Il lui restait quelques travaux de jardinage à faire et tout serait prêt pour son arrivée. Seulement une rangée de végétaux d’un mètre de large à poser du côté de ses voisins qui allait cacher l’étendage où séchaient les vêtements et la lingerie de sa voisine. Le jour venu, content du travail accompli depuis six mois, Paul se prépara pour l’arrivée de Marie.
     Dans la pharmacie il prit un gros morceau de coton, une bouteille d’éther déjà entamée l’imbiba d’une grosse giclée du liquide et se dirigea vers l’étendage. La veille, il avait prédécoupé le grillage de la clôture, sur un mètre de large de sorte, qu'il soit imperceptible à l’œil nu.
    D’un coup d’épaule, le grillage céda rapidement, d’un bond il saisit Marie par surprise, alors, qu'elle étendait son linge. Il plaqua le coton imbibé d’éther sur sa bouche, elle tomba inerte, inconsciente dans ses bras, comme un poids mort. Rapidement il la déposa sur la pelouse fraîchement tondue de son jardin, il referma le grillage avec des liens transparents et termina la plantation des arbustes manquants pour obstruer le passage. Il tassa énergiquement la terre, jusqu'à ce que toutes les traces de son passage, soient devenues invisibles .
    La haie était alignée à hauteur d’homme tout autour de la résidence, il avait bien travaillé, rien ni personne ne pouvait savoir et voir ce qui se passait dans son jardin, ni dans le sous-sol de la maison.Il transporta la jeune femme inerte dans ses appartements et l’installa sur son lit. Il déposa sur la table, le plateau repas qu’il avait préparé avant le kidnapping. Un repas italien, La Pasta al dente comme il avait appris à la faire, aux mêmes cours de cuisine, une bouteille de Chianti et un tiramisu. Il lui fit couler un bain aux essences de lavande, mit de la musique sans crainte du bruit, la chambre étant insonorisée.
    Les rideaux aux murs cachaient des fenêtres invisibles. La porte d’entrée ne possédait pas de poignée, sa surface était lisse et impossible à ouvrit de l’intérieur. Il brancha les caméras de surveillance, regarda si tout était fait selon ses souhaits et sortit de la pièce. Il referma la porte à clef de l’extérieur, satisfait du labeur accompli.
     Il monta une dizaine de marches d’escalier menant au garage, abaissa la trappe de bois, fit coulisser l' établi aux roulettes dissimulées dans ses pieds pour en cacher l’accès. Il remisa sa voiture dans le garage, pour lester et finir de camoufler la trappe.
     Il se mit à espérer, que la jeune femme choisie, avait une santé de fer et pourrait vivre plus longtemps que la dernière. Cette fois il avait fait très attention, il avait suivi sa cible pendant six mois partout sans se faire remarquer. Dans les lieux publics, les spectacles, les restaurants, les magasins, il courait derrière pendant son jogging. Il avait ouvert son courrier, regardé sa taille sur les étiquettes de son linge au fil de l’étendage. Cette fois il en était sûr, il avait mis toutes les chances de son côté.
   Il eut une pensée pleine de tendresse, pour son ancienne locataire, à la santé fragile, qui l’avait quitté trop rapidement. Il l’avait enterrée dans une place de choix au milieu d'un  volumineux massif de roses trônant au milieu de « Sa  pelouse verte si bien entretenue. »
   Il était calme, serein et savait que l’on ne viendrait pas enquêter chez lui, si près du lieu de la disparition. En ajoutant un autre critère à son choix,
« La Santé »
En plus de la beauté. Oui, cette fois il était sûr, il avait réussi.



Retrouvez cette nouvelle dans mon recueil "A L'ABRI DES REGARDS"
 http://www.edilivre.com/a-l-abri-des-regards-20a5b6563a.html#.U6rxasuKCUk